Sebastien Vinant retweeted
Une personne ayant commencé à travailler un an plus tôt a cotisé l’équivalent de 28 % d’une année de salaire brut au pot commun.
Partir un an plus tôt coûte, en revanche, environ 90 % d’une année de salaire brut au pot commun : 28 % de cotisations non versées, auxquels s’ajoutent environ 65 % correspondant à une année de pension supplémentaire.
Partir un an plus tôt au motif qu’on a commencé à travailler un an plus tôt n’est donc pas du tout la proposition équitable qu’on laisse entendre. Arithmétiquement, cela justifierait plutôt un départ environ quatre mois plus tôt.
Les propositions qui reposent uniquement sur la durée de cotisation méconnaissent l’arithmétique du système et iront dans le mur dès qu’il faudra en chiffrer le coût ailleurs que sur un plateau télé.
Sebastien Vinant retweeted
Tout ça ne vole quand même pas très haut... Trois erreurs de raisonnement élémentaires :
1. « La nature du passif change ». C'est exact. Mais quand change-t-elle ? Au moment où la banque centrale achète le titre, pas au moment où on l'annule. Le QE a déjà transformé de la dette obligataire en réserves bancaires, annulation ou non. La seule chose que l'annulation change, c'est l'actif : elle le supprime. Il reste alors un passif monétaire à taux variable, sans échéance, et plus rien en face. Ce n'est pas un argument pour l'opération. C'est une bonne description de son danger : raccourcir la maturité de la dette, c'est augmenter l'exposition de l'État au risque de taux.
2. « Un euro d'intérêt annulé n'est pas un euro de dividende perdu ». Confusion entre calendrier et incidence. Ce que la banque centrale ne reverse pas, elle le garde en fonds propres, qui appartiennent à l'État. Chaque euro de coupon manquant finit chez l'État : dividendes différés, pertes à éponger, ou recapitalisation. Quant au fait que la Banque de France ne verse plus rien depuis 2022 tout en recevant ses coupons : c'est que ces coupons amortissaient ses pertes. Supprimez-les, et les pertes s'alourdissent d'exactement autant. (cf. xitter.cf/QuentinVandewe2/status…)
3. « L'État n'aurait plus à refinancer ces titres à 4 % ». Que se passe-t-il quand un titre détenu par la Banque de France arrive à échéance et que l'État le rembourse ? Les réserves créées pour l'acheter sont détruites. La facture monétaire s'éteint d'elle-même. Et si on l'annule ? Le titre disparaît, mais les réserves restent, pour toujours, rémunérées au taux directeur. L'État n'échange donc pas une dette contre rien : il échange une dette à taux fixe, qui s'éteint, contre une dette perpétuelle à taux variable, logée chez sa banque centrale. L'économie espérée n'est pas de 4 % : c'est l'écart entre taux longs et taux courts, quelques dizaines de points de base, et le signe s'inverse dès que les taux courts remontent. Ce pari a un nom : c'est le carry trade qui vient de coûter des centaines de milliards à l'Eurosystème. Si la prime de terme est positive en moyenne, ce n'est que parce qu'il faut compenser les investisseurs pour le risque pris en investissant dans cette stratégie. Enfin, si la France souhaite économiser cette prime de terme, il existe une solution plus simple : émettre à plus court terme.
Avant de qualifier un débat économique « d’idiot », @ojblanchard1, un peu de modestie intellectuelle ne nuit jamais. Surtout lorsqu’on a été le chef économiste du FMI, responsable des ravages de l’austérité en Grèce.
Petit rappel : vous vous êtes trompé lourdement en Grèce sur ce que l'on appelle le multiplicateur budgétaire - ce que vous n'avez reconnu qu’après. Cela signifie que vous avez gravement sous-évalué les effets récessifs de l'austérité budgétaire que vous avez imposée au pays.
En 2010, votre programme FMI/UE prévoyait une contraction du PIB grec de 6,6% sur 2 ans puis un retour de la croissance. En réalité, le PIB grec s'est effondré de 22% en 4 ans, ce que le FMI a lui-même décrit comme l’une des plus profondes récessions en temps de paix. Un autre chiffre ? Vous prévoyiez moins de 15% de chômage en 2012, il a en réalité atteint près de 30% et plus de 60% chez les jeunes.
Je rappelle cet épisode non pour personnaliser le débat, mais parce qu’il devrait précisément nous prémunir contre les affirmations selon lesquelles une question macroéconomique complexe serait une « simple question d’arithmétique ».
Venons-en donc à la dette détenue par l’Eurosystème.
Vous dites "cela ne changerait rien". C’est précisément ce même raisonnement, "aucun effet", qui vous a conduit à sous-estimer le multiplicateur budgétaire grec.
Selon vous, "cela ne changerait rien" parce que les intérêts économisés par le Trésor seraient exactement compensés par une diminution des profits de la Banque de France reversés à l’État.
C’est, parfois, vrai d’un point de vue comptable, mais faux économiquement. Or ce qui compte, ce n’est pas la comptabilité, c’est la vie des gens.
Premier point : la nature du passif change.
Quand l’Eurosystème achète de la dette publique française, il transforme la structure du passif consolidé du secteur public : à une dette obligataire correspond désormais un passif monétaire liquide, sous forme de réserves bancaires.
Ces deux passifs n’ont pas les mêmes caractéristiques. L’obligation doit être refinancée à son échéance et son coût est déterminé lors de son émission ; les réserves n’ont pas la même maturité et leur rémunération dépend des décisions de politique monétaire de la BCE.
Dire que cette différence est sans importance au seul motif qu’actifs et passifs peuvent être consolidés revient à confondre comptabilité et économie.
Deuxième point : les intérêts versés par l’État à la Banque de France ne lui reviennent pas mécaniquement et intégralement sous forme de dividendes.
Le résultat d’une banque centrale dépend à la fois du rendement de ses actifs et du coût de ses passifs. L’expérience récente l’illustre parfaitement : avec la hausse des taux, les banques centrales de l’Eurosystème ont dû rémunérer beaucoup plus cher les réserves bancaires alors qu’elles détenaient des obligations anciennes acquises à des taux faibles.
L’effet financier pour le secteur public consolidé dépend de la rémunération respective de la dette obligataire et des réserves, de leur maturité, de la politique future des taux et de l’évolution du bilan de la banque centrale.
"1 euro d’intérêt annulé" n'est donc pas égal à "1 euro de dividende perdu pour toujours".
La Banque de France n’a d’ailleurs versé aucun dividende à l’État depuis 2022, alors même qu’elle continuait à percevoir les revenus des titres publics qu’elle détenait.
Troisième point : vous ne parlez que des flux, et vous oubliez le stock et son refinancement.
L’Eurosystème détient encore des centaines de milliards d’euros de dette française achetée à l’époque des taux nuls ou très faibles.
Ces titres arrivent progressivement à échéance. S’ils ne sont pas réinvestis par l’Eurosystème, l’État doit les refinancer sur les marchés, aujourd’hui à des taux beaucoup plus élevés, supérieurs à 4%.
L’annulation change cette situation : le Trésor n’a plus à rembourser ces titres à leur échéance, ni à lever la somme correspondante sur les marchés.
Sebastien Vinant retweeted
La @CRE_energie propose d’expérimenter un contrat de soutien qui serait davantage optimisé pour une installation PV + stockage 🔋. Ce contrat réduirait le risque pour le budget de l’État de la baisse de la valeur du PV tout en limitant celui porté par les producteurs 🫶
Sebastien Vinant retweeted
We're putting an end to the EU's energy dependance on Russia.
Today marks the next step, with the publication of the #REPowerEU gas regulation, which phases out EU imports of Russian gas by 2027.
Learn more ➡️ link.europa.eu/qQwYn4
Sebastien Vinant retweeted
Good morning with good news: China's coal generation and gas generation fell 5.4% in September 2025. compared to September 2024!
They're down 1.2% in first 9 months of 2025.
Huge wind, solar & battery deployment continues. Hydro & nuclear grow too.
reuters.com/business/energy/…
Sebastien Vinant retweeted
The UK’s next nuclear project will be the world’s most expensive power plant ever built, in absolute and $/kW terms. @FT
Sebastien Vinant retweeted
L'Essonne accueille la première grande ferme maraîchère robotisée en France trib.al/ztedjfc
Sebastien Vinant retweeted
26 innovative solutions, 22 cleantech startups, 10,500+ visits, 30+ talks…
What a ride! 🚀
@VivaTech was all about shared energy, collective ideas & bold innovation.
Catch the highlights in our recap 🎥
Sebastien Vinant retweeted
Amazing stuff here. The administration misread the study cited in its own tariff formula. If it had done the math correctly, the tariffs would have basically been 10% across the board (and a maximum of 13.2% for economic juggernaut Lesotho)
This quoted post is unavailable.
Sebastien Vinant retweeted
Les économistes 🇺🇸 vous expliquent que la maison blanche utilise des chiffres truqués pour calibrer les 20% de taxe "réciproque" sur l'UE (en plus d'utiliser une formule débile).
USTR: "The elasticity of import prices with respect to tariffs, φ, is 0.25. The recent experience with U.S. tariffs on China has demonstrated that tariff passthrough to retail prices was low (Cavallo et al, 2021)."
Cavallo et al: φ is 0.945.
aeaweb.org/articles?id=10.12…
Sebastien Vinant retweeted
Demain, la Cour des Comptes publie son rapport sur le déficit des retraites. Voici une analyse concise de mon point de vue.
Le principe de la retraite par répartition repose sur le fait que les cotisations des actifs financent les pensions des retraités actuels. Ce transfert est assuré par les cotisations retraites, représentant légalement 28 % des salaires bruts, parts salariales et patronales comprises, complémentaires incluses.
Pour évaluer l'équilibre du système, on peut comparer deux agrégats macroéconomiques :
1⃣ La somme des pensions ;
2⃣ La somme des salaires bruts et, pour les fonctionnaires, des traitements bruts.
Le ratio des deux aggrégats donne la courbe bleue sur le graphique suivant. Les retraites représentent 38 % des salaires bruts et ne sont couvertes qu'à 75 % par un taux de cotisation de 28 %, appliqué à tous les salariés (donc avec réintégration des exonérations) ainsi qu'à la fonction publique.
Officiellement, cette différence n'est pas considérée comme un déficit mais est compensée par des transferts d'autres ressources fiscales (et sociales) vers les différents régimes de retraite. Par exemple, le taux de cotisation patronale des fonctionnaires de l'État n'est pas de 28 % mais de 78 %. Sur le bulletin de paie d'un fonctionnaire, les cotisations retraites dépassent le salaire net. Cela correspond-il au fonctionnement normal d'un système par répartition ?
Plutôt que de parler de déficit, le Conseil d'Orientation des Retraites préfère évoquer une diversification des sources de financement. Cependant, hors exonérations sur les bas salaires (réintégrées dans mon graphique), cette "diversification" s'ajoute aux cotisations sociales, qui n'ont jamais baissé, plutôt que de les remplacer.
Dès lors que les recettes du système de retraite peuvent être "diversifiées," son déficit perd toute interprétation économique utile. Le déficit public peut être arbitrairement attribué à n'importe quelle branche de la Sécurité Sociale ou au budget de l'État. En effet, lorsque des ressources fiscales ou les cotisations d'autres branches du système social viennent "diversifier le financement" du système de retraite, son déficit apparent diminue d'autant, tandis que celui des autres administrations publiques augmente du même montant, car elles sont privées de ces recettes.
Cette tuyauterie complexe pourrait inspirer une nouvelle façade pour le musée national d'art moderne, mais elle ne change rien au déficit public global. Elle ne fait que redistribuer le déficit d'un compte à un autre pour orienter le débat démocratique dans la "bonne direction."
Pour ne pas s'attarder inutilement sur ces arrangements comptables, aussi artistiques soient-ils, imaginons un instant que le rapport entre l'agrégat des pensions et celui des salaires bruts ne se soit pas dégradé au cours des vingt dernières années. Quelle différence cela ferait-il pour la dette publique actuelle ?
Entre 2003 et 2023, la part des pensions dans les salaires bruts est passée de 33 % à 38 %. Ce dérapage correspondait à un déficit cumulé de 915 milliards d'euros (hors intérêts) à la fin 2023, soit 33 points de PIB. Sur la même période, le taux d'endettement du pays est passé de 65 à 110 points de PIB. La hausse du poids relatif des pensions depuis 2003 explique donc 73 % de l'augmentation de la dette.
La prétendue diversification des sources de financement n'est pas cachée, mais elle a des implications sur le débat concernant l'équité générationnelle du système.
En effet, lorsque le Conseil d'Orientation des Retraites (COR) estime le taux de rendement des cotisations pour chaque génération, il conclut que les générations actuelles d'actifs obtiendront un rendement proche de zéro, mais récupéreront au moins leurs cotisations. Cependant, cette estimation pose deux problèmes :
1⃣ Elle ne prend pas en compte les inévitables futures réformes. Bien que cela soit un facteur à considérer, le COR ne peut guère faire mieux.
2⃣ Surtout, elle ne rapporte les futures pensions qu'aux seules cotisations retraites, ignorant tous les impôts payés par les actifs qui "diversifient" le financement des pensions. Si ces transferts étaient requalifiés en cotisations, le rendement attendu pour les générations actuelles d'actifs serait probablement d'ores et déjà négatif.
On voit ainsi qu'en s'écartant du financement normal d'un système par répartition et en adoptant la comptabilité baroque qui l'accompagne, nous ne sommes plus en mesure de répondre à des questions fondamentales telles que celle de l'équité du système.
Sebastien Vinant retweeted
Ah oui. Mais qui achète à ce prix ?
100€2015…
Un mot sur le nucléaire ici. La @Courdescomptes estime qu'à 110€2015/MWh, l'EPR de Flamanville serait rentable à 4%
C'est pas si mal pour un chantier qui a essuyé tous les plâtres. On aurait pu s'attendre à pire. C'est encourageant pour la suite
contexte.com/article/energie…
Sebastien Vinant retweeted
🇧🇪🤝 ENGIE strengthens its presence in biomethane in Europe with the acquisition of its first production unit in Belgium.
This plant will have a production capacity of 68 GWh, equivalent to the annual consumption of 6,000 households.👇
en.newsroom.engie.com/news/e…
Sebastien Vinant retweeted
Agrivoltaïsme, biométhane, industrie verte… : des textes attendus parus in extremis au Journal officiel
greenunivers.com/2024/07/agr…
Sebastien Vinant retweeted
Le Gouvernement vient de publier un document d'état des lieux et de perspectives de déploiement du CCUS en 🇫🇷, qui a tous les airs d'une stratégie nationale avortée avec les législatives anticipées.
➡️ entreprises.gouv.fr/fr/actua…
Sebastien Vinant retweeted
🌳🌿Préservons la beauté naturelle du Marais poitevin, participons à la replantation des arbres en remplacement des frênes touchés par la chalarose. En partenariat avec la Fondation du Patrimoine.
👉urls.fr/Z09Dz-
@fond_patrimoine
Sebastien Vinant retweeted
Chaleur solaire : la filière déplore son « invisibilité » dans les débats sur l'énergie #chaleur #renouvelable #solaire @ENERPLAN @Richard_Loyen actu-environnement.com/ae/ne…
Sebastien Vinant retweeted
Solaire thermique : un mauvais timing pour le plan de relance
greenunivers.com/2024/06/sol…
Sebastien Vinant retweeted
"Le RN veut plus de nucléaire - ce qui prendra, au bas mot, de dix à quinze ans - et bien moins d’énergies renouvelables (...) En clair, le RN préparerait des pénuries d’électricité, à un moment où les besoins monteront massivement"
l.challenges.fr/bRC
Sebastien Vinant retweeted
What about shipping ammonia and turning it back to electricity for the European energy hungry economy?
”If you start with Canadian wind five units, only one arrives. If Europe has to rely on this, it’s also catastrophic.” @MLiebreich full presentation: youtube.com/live/w0Q9cuF8zKg…





























